Suicide : souffrance, sujet social tabou

par | Jan 2, 2017 | 4 commentaires

Souffrir au point de s’ôter la vie

Sujet social tabou, mais dont le Ministère de la Santé, la Direction générale de la santé (DGS), l’Observatoire national du suicide (ONS) et les instituts de recherche s’efforcent de briser le tabou à l’échelle nationale.

De par mon activité professionnelle, je suis confrontée quotidiennement à cette souffrance. J’y côtoie la mort dans le cadre de la prévention du suicide. Si mon devoir de réserve ne me permet pas de m’étendre sur le suicide en milieu carcéral et les mesures de prévention en place, je puis vous indiquer le chiffre du suicide dans la population civile : 28 suicides par jour, alors qu’en moyenne par jour, 10 personnes perdent la vie dans les accidents de la route. 28 suicides par jour en France… un chiffre qui fait froid dans dos !…

 [En 2012, le suicide a causé la mort de 9715 personnes en France métropolitaine, soit près de 27 décès par jour, loin devant la mortalité routière qui s’est élevée cette même année, à 3426 victimes. Aussi précis soit-il, ce décompte ne doit pas faire oublier qu’il s’agit là d’une estimation puisqu’en raison d’erreurs ou d’absence de codage parmi les 558 408 certificats de décès enregistrés en 2012, le nombre de suicide se rapproche plus vraisemblablement des 10 700 décès. De la préadolescence au grand âge, le suicide concerne l’ensemble de la société même s’il se pose avec plus d’acuité pour les hommes et chez les personnes âgées. 75% des décès par suicide sont masculins.] Extrait de l’Observatoire national du suicide – 2e rapport.

Pendaison

 

Le suicide constitue un problème majeur de santé publique et s’il est vrai qu’en ce 2 janvier, beaucoup d’entre nous ont encore le souvenir des festivités de fin d’année, certains autour de nous souffrent de solitude, de dépression, connaissent des difficultés financières extrêmes qui peuvent être autant de facteurs conduisant au passage à l’acte, à l’issue fatale, ou à la tentative de suicide.

La connaissance des facteurs de risque et de protection du suicide ainsi que des mécanismes conduisant au passage à l’acte est l’un des axes de la prévention. Il s’agit de développer des recherches combinant les facteurs de risque et de vulnérabilité au suicide : le rôle joué par les facteurs de santé (troubles de santé mentales, maladies somatiques), socio-économiques (chômage, faibles revenus, etc.), sociodémographiques (sexe, âge, etc.) et biologiques (un déficit en sérotonine, etc.)

Les associations ont pris en charge sur le terrain, les personnes vulnérables aux conduites suicidaires et les familles endeuillées. Elles cherchent à apporter le soutien nécessaire, l’écoute.  

Présentation de quelques associations de prévention du suicide, leur date de création et le public visé en priorité:

  • SOS Amitié, 1960, Public visé : Tous publics – Site: www.sos-amitie.com – Téléphone : 01 42 96 26 26
  • La porte ouverte ,1969, Public visé : Tous publics
  • Association nationale Jonathan Pierre Vivantes, 1978, Public visé : Parents d’enfants qui sont décédés, frères et soeurs endeuillés
  • SOS Suicide Phénix, 1978, Public visé : Toute personne en détresse qui pense mettre fin à ses jours ou qui soit concerné par la problématique du suicide, dans sa famille ou dans son entourage – Site: www.sos-suicide-phenix.org – Ligne d’écoute nationale : 01 40 44 46 45
  • Astrée, 1987, Public visé : Tous publics
  • PHARE Enfants-Parents, 1991, Public visé : Enfants et adolescents en souffrance et leur entourage – Site: www.phare.org – Téléphone : 01 43 46 00 62 – Courriel : vivre@phare.org
  • Suicide Ecoute, 1994, Public visé : Tous publics – Site: www.suicide-ecoute.fr – Téléphone : 01 45 39 40 00
  • Vivre son deuil, 1995, Public visé : Tous publics
  • Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS), 1996, Public visé : Tous publics
  • Ligne Azur, 1997, Public visé : Personnes qui se posent des questions sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre – Téléphone : 0 810 20 30 40
  • Schizo, 1998, Public visé : Personnes atteintes de schizophrénie et leurs proches – Téléphone : 01 45 89 49 44
  • Croix-Rouge française, 2000, Public visé : Personnes détenues et leurs familles
  • Le refuge, 2003, Public visé : Jeunes homosexuels, bisexuels et transidentitaires de 18 à 25 ans en situation de difficultés sociales et de rupture familiale – Téléphone : 06 31 59 69 50
  • Solitud’Ecoute, 2007, Public visé : Personnes de plus de 50 ans souffrant de solitude, de pauvreté, d’exclusion et de maladies graves
  • Union nationale Maison des adolescents, 2008, Public visé : Enfants, adolescents et jeunes qui ont des difficultés de santé
  • Fédération 3977, 2014, Public visé : Personnes âgées et personnes handicapées
  • Agri’ écoute, 2014, Public visé : Agriculteurs en souffrance
  • France Dépression (contre la dépression et les troubles bipolaires) – Téléphone : 01 40 61 05 66

Ce qui m’émeut le plus dans le choix de mettre fin à sa vie dans de telles circonstances, c’est l’absence de perspective, la volonté d’éteindre une souffrance devenue insupportable, la croyance qu’il n’y a pas d’autre issue, pas de seconde ou de chance supplémentaire… Pas de projets.

Nous ne nous suicidons pas tous, mais beaucoup d’entre-nous, la plupart meure à petit feu dans des vies étriquées… Ô combien, l’existence d’un projet qui nous tient à coeur peut être salvatrice! Découvrir ce qui nous passionne, nous fait vibrer… Trouver notre mission de vie, être utile aux autres… Do something big! Faire quelque chose de grand! … de sa Vie! … Pour soi, mais aussi pour impacter les autres.