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Les liens qui libèrent

par | Déc 30, 2016 | 2 commentaires

Un des plus grand frein à notre bonheur est l’attachement.

Certains liens nous enchaînent, nous rendent prisonniers au lieu de nous rendre libres. Nous nous attachons à quelqu’un, et lorsque cette personne ne fait plus partie de notre vie, nous sommes désespérés. Nous nous attachons aux résultats de quelque chose, et lorsque nous n’obtenons pas ces résultats, nous sommes malheureux. Nous nous attachons à des objets, et quand nous les perdons, nous sommes tristes.

Les liens que nous créons – avec des personnes, des objets, des situations, etc. – doivent être des liens libérateurs. Les liens qui libèrent. Ces relations-là n’attendent rien. Elles ne veulent rien. Si nous nous lançons dans un projet, nous n’attendons rien de ce projet. Qu’importe le résultat, nous nous lançons dans ce projet parce que c’est le chemin qui nous passionne. Si nous nous lançons dans une relation, amicale ou amoureuse, nous n’attendons rien de cette personne. Nous lui donnons de l’amour parce que c’est ce que nous ressentons au fond de nous, mais nous n’imposons rien en retour. Se sentir complet à l’intérieur de soi fait que nous n’avons pas besoin d’être nourris affectivement par les autres. Lorsque nous nous aimons pleinement et que nous aimons spontanément les autres, sans jugement, l’amour que nous apporte une relation est un « bonus », mais elle n’est pas la condition de notre bonheur. Nous ne faisons pas dépendre notre bonheur des autres.

Notre bonheur est entièrement lié à notre liberté, et notre liberté vient de notre capacité à ressentir du détachement.

Lorsque nous ressentons un fort attachement pour quelque chose ou pour quelqu’un au point d’en être dépendant, nous avons parfois tendance à exercer un pouvoir sur cette chose ou cette personne, consciemment ou inconsciemment. Nous voulons la contrôler parce que nous avons peur qu’elle nous échappe, nous avons peur de perdre notre sécurité et de nous mettre en danger. Ces liens nous oppressent, nous stressent, nous emprisonnent.
L’amour vrai laisse libre et rend libre. Si votre petit ami vous quitte parce qu’il sent que la vie l’appelle vers d’autres horizons, il est inutile de lutter. Vous pouvez ressentir de la tristesse, bien sûr, et c’est normal. La plus juste réaction est celle-ci : « parce que je t’aime, je te laisse partir sans ressentir de résistance. Va et deviens ! »

Le détachement est un lieu intérieur où vit le calme et la paix.

Si quelqu’un vous agresse verbalement et que vous répondez en étant agressif à votre tour, vous éprouvez de l’attachement pour ce que l’on vous a dit. Mais en réalité, ce que l’on vous a dit n’est pas votre affaire mais bien l’affaire de la personne. La réaction juste serait, sereinement : « ce que tu dis est ton ressenti personnel. Tu as le droit de penser cela, cette réalité t’appartient. Je vois et vis les choses différemment. »

Le détachement ne fait pas de nous des robots, bien sûr ! Au contraire, il nous rend pleinement humain. Il nous permet de maîtriser nos émotions, d’accorder nos émotions à notre liberté. Lorsque nous sommes dans la haine, la rancœur, le conflit, la jalousie, nous ne sommes pas libres. Lorsque nous attendons quelque chose de précis d’une situation, d’un travail ou d’une personne, nous ne sommes pas libres.
Quand nous ne sommes pas authentiquement libres, nous ne sommes pas authentiquement heureux.

Donner sans rien attendre en retour est le plus grand exercice de liberté et de bonheur que nous puissions expérimenter. Et, comme par magie, plus nous donnons sans rien attendre en retour, plus nous recevons quelque chose de vrai et d’authentique. Ce que nous donnons aux autres, nous nous le donnons à nous-même.